1966-1972 : La naissance du Vernay
Au départ, c’était juste une grange, posée au milieu des champs, sur les terres de la famille Revel, agriculteurs à Saint-Maurice-de-Rotherens depuis plusieurs générations.
En 1966, Louis Revel – alors jeune prêtre à Chambéry – hérite de cette grange à la mort de son père. La ferme revient à son frère aîné ; lui reçoit « ce lieu vide, mais plein de potentiel ». Avec quelques amis de la paroisse de Maché, il décide d’y consacrer ses week-ends. Ensemble, ils retapent la vieille bâtisse pour en faire une petite chapelle et une salle de réunion.
À l’été 1970, une crémaillère marque officiellement la naissance du Vernay. Un lieu de rencontres, de formations, de partages. Une association naît : les Amis du Vernay.










1972-2014 : Le Vernay & Louis, l’histoire d’une vie
Louis et ses Amis du Vernay passent ici de longs moments à refaire le monde et à parler de religion.
En 1972, désireux de fonder une famille et déçu de ne pas voir évoluer l’Église, il quitte officiellement ses fonctions de prêtre. Louis est animé d’une vision (une maquette de son projet, fabriquée avant le début des travaux d’agrandissement existe encore, c’est presque le bâtiment actuel !) : il veut faire du Vernay un lieu d’accueil, une communauté de vie… Avec « les Amis du Vernay », il agrandit autour de la grange pour y créer une salle de restaurant et une cuisine « professionnelle ».
En 1974 il épouse Marick et agrandit encore le Vernay pour le doter d’un appartement pour sa future famille. Karine naît en 1975, suivie de Damien en 1977 et enfin Vanessa en 1979.






Le Vernay est une maison ouverte, il y a toujours du monde.
De 1974 à 1995, c’est un lieu d’accueil pour des groupes qui veulent se réunir et un restaurant (avec une licence IV). Il y aura des réunions de famille, des mariages, des rencontres bibliques, des groupes de prêtres, des groupes d’amis, des réunions syndicales, sociales et spirituelles. La convivialité est le maître mot, les conversations sont animées et les repas gargantuesques durent longtemps, mais les enfants ont toujours le droit de sortir de table et d’aller jouer dehors, en pleine nature !
L’accueil a lieu uniquement le week-end et durant les vacances scolaires, et toujours sur réservation. Louis a une entreprise de transport scolaire et Marick est assistante sociale.








Un dortoir est ensuite créé. Il accueillera des ouvriers travaillant sur le chantier du Rhône, puis des personnes en marge de la société, un peu perdues ou ayant besoin de se ressourcer. Louis a toujours gardé la foi et certaines personnes viennent au Vernay juste pour partager un moment avec lui, et aller dans la chapelle. Il est alors très connu dans la région et a une certaine aura.
En 1994 Louis et Marick divorcent. Louis continue seul son aventure au Vernay.
De 1995 à 2013, Le Vernay est désormais un gîte d’étape (référencé sur la carte IGN et fléché sur les panneaux du village) qui accueille des Pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. En effet la Via Gebennensis (GR 65), le chemin de Genève au Puy, passe dans le village.
Louis a trouvé son activité idéale, elle lui permet de combiner son sens de l’accueil, sa foi et sa vocation à rassembler et à intéresser les gens. De plus il parle allemand, ce qui lui vaut d’être cité dans les guides allemands comme une étape incontournable ! C’est vrai que Le Vernay et Louis sont connus sur le Chemin (si on se réfère aux nombreux livres d’or, à toutes les cartes postales reçues des Pèlerins, ainsi qu’aux acteurs de Compostelle et du tourisme du territoire).




En plus, Louis organise une petite dizaine d’évènements par an, dont les très renommés localement «Concours de Belote», «Soirée Fricassée» et «Fête de la Saint Louis».




Louis meurt à 72 ans, en janvier 2014, des suites d’un accident en faisant ce qu’il a fait tout sa vie : construire Le Vernay…
D’une grange d’une centaine de mètres carrés sur 2 niveaux, c’est aujourd’hui un bâtiment de quasiment mille mètres carrés sur 5 niveaux, qu’il a construit lui-même, petit à petit, tout au long de son existence. Il n’aura pas vu l’œuvre de sa vie achevée, même s’il lui avait donné la forme finale souhaitée, ce qui était bien l’essentiel pour lui « le bâtisseur »…






2014-2025 : Le Vernay en transition
Notre parenthèse au Vernay
En janvier 2014, alors en voyage autour du monde depuis quelques mois, nous rentrons pour les funérailles. Puis nous décidons de ne pas repartir comme initialement prévu et de reprendre le gîte au pied levé.
Nous ouvrons comme chaque année le 20 mars et nous le tenons toute la saison, continuant en quelque sorte notre voyage, mais de manière immobile : ce sont des gens du monde entier qui viennent à nous et avec qui nous conversons en anglais (essentiellement des Suisses, des Allemands et des Autrichiens, mais aussi des Australiens, des Danois, des Canadiens, des Anglais, et bien sûr quelques Français aussi !). En plus des Pèlerins de Compostelle, ce sont désormais aussi des Pèlerins sur le Chemin de Saint François d’Assise (reliant Vezelay à Assise en Italie) et quelques VTTistes sur les Chemins du Soleil (reliant Thonon-les-Bains à Nice) qui s’arrêtent au Vernay ; le GR9 qu’empruntent ces 2 chemins passe à 150m du gîte.
A l’heure du bilan de fin de saison, la réalité nous rattrape : sans gros travaux importants de finition (toiture, drainage, étanchéification, façade), de rénovation et de mise aux normes et sans accueillir une clientèle autre que celle en itinérance, le projet n’est pas viable. Le lieu appartenant à Damien et à ses sœurs en indivision, nous n’avons pas les coudées franches pour en faire ce que nous voulons. Et elles ne sont pas prêtes à nous vendre leurs parts. Nous retournons donc vivre en Haute-Savoie et le gîte est fermé…



Le Vernay en sursis
Après 2 saisons « mortes », Vanessa, une des sœurs de Damien, décide de se mettre en « dispo » en 2017 pour prendre la gérance du gîte. Elle embauche une salariée pour faire l’accueil des pèlerins pendant la semaine, tandis qu’elle s’occupe de l’accueil les week-ends.
Mais tout en vivant à Bonneville avec sa famille, c’est compliqué. Elle laisse tomber à la fin de la saison 2019 et reprend son emploi.
Le deuil du Vernay
Le temps ayant fait son œuvre, chacun des 3 enfants de Louis a fait son deuil, à la fois de leur père, de leur maison d’enfance et du projet de vie de leur père.
Fin 2019, ils décident donc de fermer la SARL qui exploitait le gîte et de vendre Le Vernay… C’est trop d’entretien et trop d’argent pour s’y retrouver en famille seulement quelques fois dans l’année. La bâtisse s’abîme et le lieu ne vit pas, c’est bien dommage…
En décembre 2020, la SARL est officiellement liquidée.



Les prémisses de la renaissance du Vernay
Début 2020, au détour d’une conversation avec un ami lors d’un trajet en voiture pour descendre dans le Sud voir une amie commune (spéciale dédicace à vous 2 qui vous reconnaitrez !), nous nous rendons compte que nous avons tous les 2 encore envie de tenter notre aventure là-bas…
On se questionne, on hésite, on y réfléchit, on en parle pendant toutes nos balades quotidiennes pendant le confinement… On en a super envie, mais on a un peu peur aussi. On a une vie confortable, mais je m’ennuie un peu dans mon boulot et j’ai toujours eu envie de «monter ma boîte et d’être ma propre patronne» ; Damien, lui, rêve de voir Le Vernay fini… Si on ne tente pas, on va le regretter…
plan A
On l’annonce aux sœurs de Damien, elles sont ravies si le bien peut rester dans la famille. Le Vernay n’est donc pas mis officiellement en vente.
On va voir notre banque, on fait un business plan, on missionne un cabinet comptable pour un prévisionnel d’exploitation, en gardant notre maison actuelle et en la mettant en location saisonnière pendant la belle saison quand on vivra au gîte. On veut garder notre maison parce qu’on l’aime, on y est bien, et qu’on veut retourner y vivre les 6 mois d’hiver quand le gîte est fermé (il n’est pas vivable l’hiver, car très mal isolé et donc inchauffable). On retourne voir notre banque en Haute-Savoie, notre banquière est conquise par notre projet, mais la commission bancaire refuse : pas assez d’apport, pas assez de revenus pour 2 crédits à rembourser. On va en Savoie voir des banques autour du gîte ; même retour à chaque fois.
Après le dernier refus, on se requestionne. Est-ce un signe ? Doit-on laisser tomber ?…
plan B
Mais non, on en a vraiment envie, ce n’est peut-être juste pas le bon plan. Alors on passe au plan B, on fait quelques travaux d’amélioration dans notre chez-nous et on le met en vente fin 2022. En avril 2023 nous signons la vente définitive de notre logement chez le notaire, puis dans la foulée le rachat des parts des sœurs de Damien et nous emménageons au Vernay. Ça y est, c’est chez nous, enfin ! Et nous réalisons que ce sera plus simple d’avoir un seul lieu où vivre et à gérer, nous pourrons mieux nous y investir.
Grâce à la plus-value réalisée par la vente de notre logement, nous avons pour projet de créer ici à la fois notre nouveau chez-nous et un gîte en gestion libre de 15 personnes. Nous attaquons donc le tri et le vidage de la maison, tout en missionnant des artisans pour de gros travaux : terrassement, drainage du bâtit, création de parking, consolidation des terrasses et finition de la toiture.




En parallèle, nous prenons contact avec Marie Payart de Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises et Initiative Savoie et Christophe Maurel du Syndicat Mixte de l’Avant-Pays Savoyard. Ils connaissent le lieu tous les 2 et sont enchantés que le Vernay se prépare à revivre, mais calment notre élan et nous poussent à voir plus «pro». Nous stoppons donc les travaux avant la venue du charpentier, pour garder le plus possible de notre apport afin de pouvoir le moment venu faire un prêt professionnel.
plan C
Marie Payart nous fait rencontrer Gwenaël Servin de la CCI de Savoie que nous missionnons pour une analyse concurrentielle et une étude de positionnement du Vernay. Elle nous présente aussi Fabien Jacques, co-directeur de France Active Savoie Mont Blanc. Ces rendez-vous avec des professionnels du tourisme ont été très enrichissants. Ils nous ont permis de rêver plus grand, tout en nous poussant dans nos retranchements et en nous forçant à creuser plus profondément en nous pour trouver ce qui nous anime vraiment. Ils nous ont permis d’ajuster notre vision, de repenser le lieu en tenant comptes des évolutions des demandes / besoins de la clientèle, et de trouver un juste équilibre entre l’identité unique de ce lieu et la rentabilité économique nécessaire à sa survie. Ils nous ont par ailleurs conforté sur le potentiel de ce lieu atypique et magnifique, et de ce fait dans notre envie d’y créer quelque chose…
Grâce à cet accompagnement par des professionnels, et grâce aux prêts d’honneur qu’ils nous ont permis d’obtenir auprès d’Initiative Savoie, BPI et France Active, nous obtenons un prêt bancaire professionnel qui nous permet de démarrer les travaux nécessaires à la transformation du lieu. Une nouvelle aventure peut donc commencer, pour nous et pour le Vernay !
Le Vernay & nous : une nouvelle histoire… grâce à vous
Ce sera donc un lieu d’accueil modulable, avec le confort d’un hôtel, la convivialité d’un gîte, et la chaleur d’une chambre d’hôte. La capacité d’accueil passera de 15 à 24 personnes et de 3 chambres et 2 dortoirs à 7 chambres. Nous accueillerons toujours les marcheurs, cyclistes et cavaliers sur les chemins d’itinérance aux alentours à qui nous proposerons la demi-pension et le pique-nique à emporter. Mais nous nous ouvrirons également à une clientèle de groupe : familles, amis, associations, entreprises, etc… Que ce soit pour des cousinades, des mariages, des stages bien-être (yoga, qi gong, tai-chi, pilates…), des stages artistiques (danse, musique, peinture…), des séjours sportifs (randonnée, trail, cyclisme, VTT, équitation, parapente…), ou des séminaires de teambuilding. Pour les locaux, nous continuerons à organiser quelques évènements ouverts à tous durant l’année et une activité de bar-snacking aura lieu durant la belle-saison de mi-juin à mi-septembre, entre 11h et 18h.
Optimistes et naïfs, nous espérions ouvrir au printemps 2025 puis à la mi-juin, mais au vu de la lenteur administrative, de l’ampleur des travaux et du retard pris, la réouverture ne peut pas malheureusement pas avoir lieu cette saison-là (quand nous aurons du temps libre (ah ! ah ! ah !), nous publierons un article sur notre blog pour relater cette folle aventure des travaux de transformation du Vernay !). Heureusement, là encore grâce à Marie Payart, nous avions pu obtenir des subventions auprès du département de la Savoie, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de l’Europe, qui nous permettent de repousser l’ouverture au printemps 2026 et de tenir le coup, sans trop de stress (c’est vite dit !) (là aussi, quand nous aurons du temps libre (et oui, on peut rêver !), nous publierons un article sur notre blog pour relater cette aventure extraordinaire et épuisante qu’est l’entreprenariat !).
Le Vernay s’apprête désormais à vivre un nouveau chapitre de sa vie… et c’est grâce à vous que ces pages s’écriront…
Merci à toi Marie, qui a été à nos côtés tout au long de cette incroyable aventure et qui nous a permis de réaliser ce projet fou !!!
Merci aux professionnels du tourisme et de l’entreprenariat qui nous ont accompagnés.
Merci à nos amis et à notre famille qui ont répondu présents quand la fatigue ou le découragement se faisaient sentir…Merci à vous qui, en venant séjourner au Vernay, allez faire de notre rêve une réalité… Nous avons hâte de vous accueillir, et nous espérons que vous vous plairez autant que nous ici. On y a mis toute notre énergie, tout notre cœur, tout notre amour…
Au plaisir de partager un moment avec vous au Vernay,
Chloé & Damien
